La Libération de Ouistreham depuis Sword Beach

Dans le même temps que l’effort fourni par le N° 4 Commando, les troops anglaises, fortes de 400 hommes, ont des objectifs aussi importants que les Français. L'une de ces troops doit se saisir de la Redoute, rue Boivin Champeaux. L'affaire est rondement menée.
Elle poursuit sa progression vers la Batterie du bord de mer, qui est prise ainsi que les bunkers alentours, après un court mais très violent combat.
Dans le même périmètre se trouve, le Poste de Direction de Tir. Intrigués par cette grande tour de béton qui n'a pas été signalée par les services de renseignements, les commandos tentent une approche de cet étrange édifice et sont aussitôt accueillis par une pluie de grenades à manches ainsi que des tirs d'armes automatiques provenant du sommet du bunker. Ils renouvellent l'opération une seconde fois, assistés d'une section de mitrailleurs qui arrose l'édifice de leurs balles essuyant une nouvelle fois un échec. Ils suspendent l'attaque et se replient en emmenant leurs blessés, jugeant cette construction au mur haut et totalement lisse quasiment imprenable. Une autre troupe a pour mission la prise du port et la sauvegarde des écluses. Les Allemands ont largement eu le temps de se ressaisir et de s'organiser, ils se sont solidement retranchés derrière le bassin.
Il est 10 heures quand les Anglais atteignent le port. Les obus de 50 Pak explosent à l'extrémité de l'actuel avenue Général Leclerc. Les commandos, surpris par l'intensité des tirs, se dispersent et s'abritent dans les ruines tout autour du port, répondant coup pour coup au feu ennemi. Les soldats allemands résistent avec tenacité 45 minutes d'un rude engagement n'ont pas raison de leur entêtement. La traversée du canal et la prise de la Pointe du Siège sont alors suspendues.
Le bourg de Ouistreham est très vite inspecté et nettoyé. Les derniers snipers sont délogés.
Il est maintenant 11 h 30, le temps presse, la mission n'est pas terminée. Les commandos retournent rapidement à leur point de débarquement, emmenant avec eux leurs moissons de prisonniers. Ils refont le plein de munitions, et s'enfoncent ensuite à l'intérieur des terres direction Colleville via Bénouville. Nouvel objectif : effectuer la jonction avec la 6th Airborne Division. Après Colleville, les bérets verts traversent Saint-Aubin-d'Arquenay complètement ravagé par les bombardements, essuyant les tirs précis des tireurs d'élite allemands qui sont vite repérés et abattus. Le rendez-vous avec les paras est réalisé à 13 h 30.
Mais revenons à Ouistreham où; la batterie du château d'eau est prise à revers par les chars du 28 East Yorkshire qui ont contourné la ville.
Les Allemands se rendent sans grande résistance et les Alliés font prisonniers par la même occasion 300 hommes d'un Ost-Bataillon fuyant dans la plaine à toute jambe.
Ce n'est que le 7 juin en fin de journée que les Allemands, retranchés au port et à la Pointe du Siège, capituleront face au chars de la 38 division d'infanterie, s'étant vite rendus compte de leur isolement, leur possible retraite coupée par les hommes de la 6th Airborne. Les vedettes de la Kriegsmarine tenteront une remontée vers Caen et seront détruites à Bénouville par les hommes du général Gale. Ouistreham sera totalement libérée dans la nuit du 9 au 10 juin avec la prise du grand Bunker.

"Ouistreham en guerre - Sword Beach - Juin 1944" aux Editions Heimdal, par Fabrice Corbin, Conservateur du Grand Bunker, le Musée du Mur de l'Atlantique.

La neutralisation du Poste de Commandement de Ouistreham

Après la capitulation de la point d'appui lourd de Ouistreham, le site n'est pas investi par les troupes anglaises : il n'a pas d'intérêt à leurs yeux.
Le front étant au sud de la localité, le terrain, truffé de mines et ayant été bouleversé par les violents bombardements, il devient hasardeux d'y établir un cantonnement. Par contre, il subsiste un impressionnant stock de matériaux de construction pouvant être utilisé par le Génie anglais. C'est ainsi que, le 9 juin, soit trois jours après le débarquement, le lieutenant Bob Orrell, Royal Engineers, 91 Field Company RE, 3rd Beach Group attachés à la 3rd Canadian Div., 2nd British Army, reçoit l'ordre de s'assurer du contenu du « Grand Bunker» afin de pouvoir exploiter ce dernier.
Vers 22 heures, il arrive avec trois hommes à bord d'un véhicule aux abords du bunker.
L'entrée est obstruée par deux grosses portes blindées.
Ils décident de placer trois kilos d'explosifs sur les gonds de l'une d'elle, mais l'explosion n'a aucun effet. Ils essaient ensuite de faire sortir la porte de ses gonds à J'aide de barreà-mine mais ce n'est guère plus concluant. Ils renouvellent l'opération en augmentant la charge de cinq kilos, ce qui a pour effet de disloquer la porte. Cependant, il leur faudra quatre heures supplémentaires pour pénétrer dans le bunker. En entrant avec leur lampe tempête, ils trébuchent sur deux caisses de grenades qui ont été abandonnées là, dans l'entrée. Ils tombent aussi sur un stock de matériel, entreposé dans la salle des filtres. Soudain, à leur grande surprise, une voix leur demande dans un anglais parfait de monter. Le lieutenant réplique qu'il préfère les voir descendre.
C'est ainsi que 53 Allemands, dont deux officiers, réfugiés dans le bunker depuis le 6 juin, se rendent à un officier britannique accompagné de trois de ses hommes. Enfin, la ville de Ouistreham est totalement libérée.

"Ouistreham en guerre - Sword Beach - Juin 1944" aux Editions Heimdal, par Fabrice Corbin, Conservateur du Grand Bunker, le Musée du Mur de l'Atlantique.

La charge installée pour venir à bout de la porte blindée du Grand Bunker